LE VIEIL - LA MADELEINE - LA BLANCHE

" LE VIEIL "


En suivant le chemin qui longe la côte vers le Vieil et après avoir traversé la route qui mène vers Noirmoutier, on trouve à gauche la propriété de la garennerie, qui fut la retraite de Pierre l'Ermite. C'est ici qu'il écrivit la plupart de ses romans dont l'action se déroule dans l'île et dont la qualité littéraire justifia de forts tirages.
Une chapelle privée fut construite en ce lieu par  l'abbé Hervouët des Forges en 1899, facilitant les dévotions de l' " Ermite ".
Un peu plus loin, à l'extrémité d'un mur de soutènement, se dresse la croix dite " du Magnificat ", élevée à la mémoire des dernières victimes de la révolution. Ici vingt-deux personnes, pour la plupart des femmes, furent massacrées le 16 thermidor de l'an II dans des conditions de cruauté qui font frémir !
Ils furent les denières victimes du tribunal révolutionnaire qui siégeait à Noirmoutier et qui évacua l'île après la chute de Robespierre.

Près d'ici, reposent également les corps des 1500 martyrs, fusillés dans le quartier de Banzeau en 1794. Ils furent inhumés dans la dune parce qu'il est plus facile de creuser dans le sable que dans l'argile du port
.

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                                                                                        La croix du Magnificat

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                                                                           La côte et plage de la Claire


Mais voici le Vieil, charmant village dont l'intérieur n'a pas encore été détérioré par l'architecture moderne et les habitants par l'illusoire bonheur de la course au progrès et à l'argent. Il faut flâner dans ses ruelles étroites, bordées de murettes en pierres sèches, à l'abri desquelles les petites maisons de paysans et de pêcheurs ont la suprême beauté que confère la discrétion.
Les " veillots " sont encore appelés de nos jours des " marins-paisans ", leurs principales ressources étant la pêche côtière et le culture de petites surfaces de pommes de terre très précoces. Aujourd'hui, il faut ajouter à ces revenus celui de la location meublée, très appréciée ici à cause de la proximité de la plage et des terrains de pêche. Le père Crépier, célèbre veillot, fut l'un des premiers dans l'île à louer sa maison aux estivants et à les promener en barque. Pierre et Marie Cury y séjournèrent.


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                                                                                La rue du père Crépier


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                                                                                 Ruelle menant à la côte


Plage du Vieil en 1918, c'est sur cette côte, dans cette belle anse, avec une toile de fond le Bois-de-la-Chaise et le moulin de la lande, que Dom Bernard Fouillon prieur de la Blanche, prenant la tête des Noirmoutrins, opposa une résistance désespérée à l'attaque hollandaise de 1674. C'est aussi dans cette anse qu'ont été faites le 12 août 1832, les premières expériences mondiales de navigation sous-marine par le Nantais Villeroi.


            


 " LA MADELEINE "

Deux chemins conduisent du Vieil à la Madeleine ; le plus pittoresque est celui qui longe le rivage en traversant le hameau du Petit-Vieil. Avant d'aborder la Madeleine, arrêtons-nous un instant le long du mur de soutènement qui protège la route, au-dessus de la plage du Petit-Vieil. En face, les récifs des Pères, puis, à l'horizon, l'embouchure de la Loire et la pointe Saint-Gildas. C'est en doublant ce cap que disparut, le 14 juin 1931, le bateau Saint-Philibert et avec lui les cinq-cents passagers qu'il remontait vers Nantes, sous une forte tempête, après une excursion dans l'île de Noirmoutier.


 

                                                    Plage de la Madeleine, en arrière-plan, le bois de la Blanche

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                                                              Les bateaux-sauveteurs du saint-Philibert

" LE BOIS et L'ABBAYE DE LA BLANCHE "


Voici maintenant la magnifique abbaye de la Blanche et son bois. C'est une propriété privée dont l'entrée est interdite, mais une promenade pédestre à l'orée du bois, en suivant la côte, domaine public, est suffisante pour en apprécier le charme.
Sous les arbres, poussent encore ici et la, des alaternes, des cistes à grandes fleurs blanches, et l'amaryllis jaune qui fut naturalisée par les religieux, ainsi que l'iris germanique à fleurs bleues et l'iris blanc de Florence qui décore les murettes de pierres sèches du chemin de la Linière.

Cette abbaye, est un des plus beaux fleurons du patrimoine noirmoutrin. Elle fut fondé en 1172 par un groupe de Bernardins qui s'installa d'abord sur l'îlot du Pilier, situé à cinq kilomètres de la côte. Cet îlot était éminemment favorable à une vie ascétique, mais les mortifications qu'il imposait aux moines s'avérèrent vite insupportables, puisque dès 1200, nous les retrouvons en ces lieux. L'abbaye du Pilier, alors appelée l'île Dieu, avait dû être abandonnée " pro difficultatem loci " nous disent les textes.



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Pierre de la Garnache, seigneur de Noirmoutier, offrit aux religieux ce terrain qui ensuite prit le nom de la Blanche, couleur de " l'uniforme " des disciples de Saint-Bernard. Par la suite, beaucoup de biens et de rentes furent attachés à l'abbaye. La charte de fondation est datée de 1205 ; elle est conservée aux archives départementales de la Vendée.Les moines ont occupé la Blanche pendant 590 années. Ils furent chassés à la révolution après avoir prêté serment à la nouvelle constitution.

En 1791, les trésors de l'abbaye furent pillés et, hélas, dispersés. Un espoir subsiste de récupérer certains documents, n'a-t-on pas retrouvé le Grand Cartulaire... en Angleterre !...


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                                                                                       Le petit château


Bâtie au XIIIè siècle, l'abbaye reçut de nombreuses transformations. Il ne reste que peu de choses des constructions primitives, seulement certains éléments architecturaux autour de la ferme, et le mur d'enceinte. ce qui reste de la chapelle serait du XVIIè ou du XVè siècle, c'est la " Porte Dorée " .



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                                                                                   Les ruines de la chapelle


Le monastère se compose de deux bâtiments en équerre. A l'intérieur, du côté est, se voient encore les appuis des arcs du cloître. La façade ouest est belle. La toiture aigue est supportée par une remarquable charpente.
L'abbatiale, c'est-à-dire le logis de l'abbé, est située en face de l'abbaye, à l'autre extrémité d'un grand jardin. Elle fut édifiée au XVIIè.
L'enclos de l'abbaye est de cinquante-sept hectares, dont l'entrée ordinaire est située au nord et l'entrée solennelle au sud : c'est la célèbre porte aux Lions, classée sur l'inventaire des monuments historiques. Cette entrée est formée d'un portail majestueux dont le cintre est une coquille striée, soutenue de chaque côté par deux forts piliers, le tout surmonté d'un fronton triangulaire et de deux pilastres, sur lesquels sont couchés des lions de granit.


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                                                                       La porte aux Lions, monument classé

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