" LA GRANDE-CHARRAUD "
Avant 1845, aucune route digne de ce nom n'existait dans l'île de
Noirmoutier et pour les voyageurs, seule la Grande-Charraud donnait accès à la ville. Le macadam qui la revêt est récent. Avant la date précipitée, il n'y avait donc dans l'île que des mauvais
chemins de terre appelés : " charrauds" ". Ceux-ci étaient nombreux et formaient un véritable labyrinthe dont seuls les autochtones connaissaient les issues.
Pendant les guerres de Vendée, lors de l'occupation de l'île en 1793 par le chef royaliste Guerry-Fortinière, les habitants de Barbâtre durent " diriger la marche de la petite armée ", nous
disent les chroniqueurs et dans un ouvrage de statistiques sur la Vendée, l'auteur Cavoleau écrit en 1818 : " il faut un guide pour arriver à la ville, autrement on s'exposerait à se perdre "
.
Parmi ces charrauds, à une époque indéterminée, un itinéraire fut emprunté de façon régulière. Ce choix
fut conditonné, non par la recherche de la voie la plus courte entre le Gois et Noirmoutier, mais par des questions de fermeté de sol, d'ailleurs toutes relatives. En outre, ce parcours devait
desservir les principaux villages, ou tout au moins s'en rapprocher. Certains tronçons, pour user d'un mot à la mode, furent alors grossièrement empierrés. Ce chemin devint ce qu'on appela et que
ceratins appellent encore de nos jours : La Grande-Charraud.
Pour franchir les étiers qui coupent la Grande-Charraud, des ponts furent construits par les anciens ; certains d'entre eux, restaurés à plusieurs reprises, ont mille ans et
plus...
" LE MARAIS et LE SEL "
Le marais noirmoutrin, représente la quart de la superficie de l'île. Longtemps
consideré,à tort, comme un site secondaire sans intérêt, domaine exclusif des sauniers, de la sauvagine et de l'anguille, il est aujourd'hui, à notre avis, la " chance " de Noirmoutier.
Dans cette vaste zone jadis salicole, à la planitude reposante parce que monotone, rien n'attire spécialement le regard du passant mais rien, et c'est bien là l'essentiel, ne le choque non plus.
Ici, point de chemins, de maisons, de poteaux, de clôtures... La nature est restée reine et maîtresse des lieux.
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